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1ère partie : Fondement, dogmes et structures de la manière de penser de nos sociétés occidentales.

La science.

- Une vision anthropocentriste.

- Une réduction du monde : du complexe au simple.

- Une démarche d’exclusion.

- Ouverture par la physique quantique.

 

Une vision anthropocentriste.

Notre diable chahute notre pensée humaine en portant un regard sur notre démarche scientifique :

« Est-il bien sérieux de penser que le déploiement du vaste univers et la lente évolution de la vie ont pour finalité la création de l’Homme ? »

La quasi-totalité des penseurs pose l’Homme au sommet de la création :

-       Pour Darwin le chemin de l’évolution des espèces mène à l’Homme. Dans le « struggle for life », il a dominé toutes les autres espèces, donc il est le plus évolué. Si l’on suit sa pensée jusqu’au bout de ses écrits : le sommet de l’évolution de l’humanité est l’homme blanc et particulièrement le Britannique de l’époque victorienne. La preuve : c’est lui qui a les plus importantes colonies, il a dominé beaucoup d’autres peuples !!! Hélas je ne vous fais pas une caricature.

-       Un fait scientifique doit être reproductible quel que soit le lieu ou le temps. L’espace-temps est un cadre construit par des conventions humaines. Un espace géométrique euclidien et un temps linéaire mesuré par les mécanismes des horloges.

-       La science est une communication et un partage de la connaissance. Elle doit pour cela utiliser un langage structuré et des mesures convenues. La représentation du phénomène observé doit pouvoir être observable par une grande majorité d’hommes. La science des hommes est destinée aux hommes. Cette Lapalissade a son intérêt majeur car nous pouvons prendre conscience que les « vérités » qu’elle nous fait découvrir sont profondément déterminées et limitées par les techniques et les langages utilisés. Les faits scientifiques doivent être en conformité avec les normes et principes établis par le domaine dans lequel ils s’expriment.

-       La science ne peut pas rendre compte ou prendre en compte des faits non objectifs, c’est-à-dire de faits qui ne peuvent pas s’expliquer par les langages et les mesures conventionnels. C’est ainsi qu’une grande partie de la réalité du monde ne peut pas être incluse dans notre savoir humain, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’existe pas, qu’elle n’a pas d’influence sur notre vie et que nous ne pouvons pas l’utiliser.

 

La démarche scientifique : une réduction du monde du complexe au simple.

« La vie procède du simple au complexe, la science procède du complexe au simple. »

Afin de pouvoir rendre compte des faits observables dans les langages et les mesures, la science doit simplifier ou schématiser pour faire entrer l’observation dans le champ de contrainte de la communication scientifique.

La théorie du chaos exploite cette faiblesse pour démontrer la limite de la prévision et de la maîtrise des phénomènes par la science. Les mathématiques ont des difficultés à formaliser les phénomènes en mouvement, or dans la nature ils sont très nombreux. Le champ le plus fécond des mathématiques est la physique car les transformations de la matière sont tellement étalées dans le temps qu’ils peuvent être considéré comme immobiles à l’échelle humaine. La matière est stable, sa description peut être formalisée. Cependant lorsque l’on se rapproche du vivant, les transformations sont rapides et permanentes et il faut tenir compte de ce mouvement. Devant la difficulté de mettre de l’ordre dans ce bouillonnement le scientifique va donc accusé la nature en déclarant que son comportement est chaotique et il propose aussi le principe de l’entropie croissante. « Étonnant ! non ! » dirait Desproges.

Il n’y a pas de chaos dans la nature, il y a un jeu de relations, d’échanges et de transformation permanente. Tout ce qui existe a établi un écosystème qui permet son existence. Si l’observateur ne perçoit pas cette organisation ce n’est pas une preuve de désordre. Quand l’ordre surgit du chaos, c’est en fait l’observateur qui perçoit une succession répétitive et des séquences reconnaissables, mais cet ordre était préexistant et il ne rend pas forcément compte de la totalité de l’écosystème qui permet l’existence du phénomène.

 

Là nous pensons que l’esprit scientifique est trop marqué par la philosophie platonicienne des idées et des principes purs, ainsi que par la notion d’absolu. Or la nature et la vie mélangent tout, tout le temps. La pureté est la stérilité.

 

Regardons différemment la procédure de l’expérimentation comme une réduction de la dynamique du vivant.

 

Les expérimentations sont définies par un protocole de manipulations qui a pour but d’exclure les éléments perturbants. Si vous faites une culture d’une espèce de bactérie, vous stérilisez votre tube, vous stérilisez votre bain nourricier, vous sélectionner la bactérie, vous excluez toutes les autres possibilités de contamination, c’est-à-dire vous interdisez les mélanges que la nature fait en permanence.

Une expérimentation consiste à éliminer les causes concurrentes de la cause que le chercheur a sélectionnée comme vraie (la plus probable) pour démontrer que les probabilités sont tellement grandes que le fait est vrai. Drôle de course où il n’y a qu’un seul cheval ou bien avec des concurrents à qui on aurait au préalable coupé les jambes.

 

Quelques citations de Saint Exupéry tirées de Citadelle.

 

L’ordre pour l’ordre est caricature de la vie.

Unifier, c’est nouer mieux les diversités particulières, non les effacer par un ordre vain.

Créer ce n’est point énoncer.

 

 

Une démarche d’exclusion.

Nous retrouvons ici l’influence directe du Dieu Unique. Le Dieu Unique est par essence un Dieu qui exclue les autres dieux. Sa Loi est la Vérité. Son Livre la seule et véritable Connaissance.

La logique procède de cette même démarche binaire du vrai et du faux. À chaque étape du raisonnement, la moitié des possibles est exclue. La théorie du chaos a donc beau jeu de dire qu’une très faible erreur d’évaluation des conditions initiales entraîne dans le temps un écart important par rapport à la prévision de l’évolution d’un mouvement.

La logique retient les causes les plus probables en écartant les causes mineures ou non significatives. Logique non ! On ne peut tout de même pas tout prendre en compte. Bien sûr, bien sûr… il faut aller à l’essentiel, normal. L’efficacité est à ce prix, j’en conviens. Mais je maintiens qu’il s’agit bien d’une démarche exclusive. Le choix des causes ou des raisons se fait en fonction de critères admis de la plupart des gens ou admis par les pairs scientifiques. C’est ainsi qu’est sacrifiée la complexité du vivant. C’est ainsi que les principes élémentaires du respect des rythmes naturels et de l’environnement sont sacrifiés aux nécessités immédiates des hommes. Entre un peu tout de suite ou plus demain la plupart des hommes prendront le peu tout de suite, la logique va donc privilégier les critères communs. Entre le simple et le complexe le choix est le même, le simple l’emportera sur le complexe. Entre la peur et le courage, c’est encore la peur qui l’emportera. L’audace et le courage ne feront jamais le poids face à la précaution et la sécurité. Ainsi de démission en lâcheté, de normes et de sécurité, de satisfactions immédiates, de domination de l’homme sur le monde, les décisions se prennent jusqu’à l’asphyxie et l’étouffement. Ainsi va la logique du plus grand nombre. La seule solution qui nous restera, sera la fraude, la révolte et la guerre, la destruction de tout cet arbitraire. L’exclusion va jusqu’à s’exclure elle-même.

Ouverture par la physique quantique.

La physique quantique est le poids lourd de la science contemporaine. Nous ne ferons pas de mathématiques ni de développements ardus. Nous choisirons quelques concepts simples et pertinents pour ouvrir des perspectives intéressantes pour la démarche de création.

 

« La mesure crée la grandeur » :

Prenons un exemple élémentaire.

 

Quelle est la grandeur de ce champ devant ma maison ?

-       Le géomètre avec ses instruments métriques m’affirme que ce champ fait un hectare.

-       L’agriculteur vient observer la terre, l’exposition, l’irrigation…et me dit que sa grandeur est de cinquante quintaux de blé.

-       Mon voisin promoteur immobilier estime lui que vu l’emplacement et sa position au cadastre il vaut 15 000 euros.

-       Pour moi devant ma maison il m’ouvre le paysage et j’apprécie ses changements selon les saisons. Il a une valeur esthétique.

 

Une de ces grandeurs exclue-t-elle les autres. Quelle est la « réalité » de ce champ ? Ces grandeurs doivent-t-elles être subordonnées et corrélées à une nouvelle valeur plus universelle ???

Cette ouverture de la science vient nous libérer de la vision unilatérale de la science du 19ème qui prétendait tout expliquer par la logique, par la raison.

 

Ajoutons que le langage créer la chose. Une représentation mathématique reste une manière particulière de décrire une forme de « réalité ». Est-elle La Réalité ? Non bien sûr.

 

« L’observateur modifie l’observation ».

 

Voilà une évidence révolutionnaire par rapport à l’objectivité des observations scientifiques.

Qu’est-ce qu’une observation ? Toute observation inclut :

-       la chose observée,

-       la mesure choisie

-       le langage utilisé

-       ainsi que l’observateur.

Toute déduction qui pourra être faite sera donc vraie, fausse et à la fois vraie et fausse selon que l’on modifie l’un des paramètres (mesure, langage ou observateur) entrant dans l’observation.

1°) La chose observée est définie par un certain nombre de paramètres ou mots usuels. La théorie du chaos nous dit que si nous modifions un peu une condition initiale nous en modifions profondément son devenir dans le temps. Nous pouvons également ajouter une nouvelle condition initiale minime, ou bien en supprimer une autre estimée mineure, alors nous transformons la chose et son devenir.

2°) La mesure comme nous l’avons vu plus haut donne la grandeur de la chose observée, nous en changeons la nature ou la destination.

3°) Le langage utilisé fera de l’observation un fait physique ou mathématique, biologique, psychologique etc…

4°) L’observateur est porteur d’une intentionnalité qui produira le mode opératoire de l’observation. Il va être sélectif. De plus les techniques, les machines, leur utilisation produiront une image particulière de la chose observée.

 

Avec tous ces composants fluctuants d’une observation scientifique, peut-on encore parler d’objectivité. Nous comprenons mieux cette affirmation que toute affirmation est vraie, fausse, mais aussi : vraie et fausse à la fois. Elle est vraie dans le cadre étroit des paramètres de l’observation, fausse si l’un d’eux varie, et ces deux propositions coexistent.

Mais autre conséquence très intéressante pour la création : les vérités objectives et rationnelles ne sont pas des vérités enfermantes dans des représentations définitives. Elles décrivent une réalité possible du monde, bien d’autres nous sont ouvertes et elles ne sont pas interdites.

À côté il y a de la place…

 

« Les affirmations scientifiques ne sont pas vraies, elles sont probables. »

 

Le conflit Einstein face aux physiciens quantiques :

-       Pour Einstein, un ordre du monde préexistait, les scientifiques le découvraient.

-       Pour les physiciens quantiques, aucun ordre ne préexistait, les scientifiques construisaient cet ordre du monde. Leurs découvertes étaient des affirmations, des représentations plus probables que vraies.

Nous avons vu que la logique est une démarche d’exclusion de possibilités considérées comme secondaires ou insignifiantes. À chaque étape, nous gardons comme vraie la proposition estimée la plus admissible en écartant les autres hypothèses délirantes et insignifiantes. À chaque étape du choix binaire « vrai ou faux », nous choisissons la cause la plus probable. De probabilité en probabilité, nous arrivons à une conclusion vraie parce qu’admissible comme vraie. Mais sa vérité n’est en fait que le probable résultat d’une sélection permanente de probabilité.

Une probabilité n’interdit pas les autres possibles. Modifiez une ou plusieurs conditions initiales et vous changez l’évènement ou son devenir, c’est un des facteurs de l’acte de création.

Sujet de méditation : Considérez le délire scientifico-médiatique actuel de la grippe aviaire, il est tellement absurde que peu de personnes se laissent leurrer. Mais médias et science sont associés dans une folie totale. L’exercice est salutaire pour vous persuader de leur nocivité pour le développement de votre propre vie, car ils cherchent à nous manipuler par la peur. Nous pouvons refuser ces affirmations scientifiques et ces « informations objectives » du monde, rien ne nous en empêche, tout nous y encourage.

 

Conclusion :

Nous avons appris à l’école à chercher et à donner la bonne réponse au professeur. Si un ordre du vrai et du faux ne préexiste pas dans l’univers, il préexiste dans l’éducation nationale, et cette attitude de l’esprit nous influence fortement dans nos choix. On nous apprend à croire que nous réussirons dans les études et dans la vie si nous connaissons les bonnes réponses. Mais si nous préférons suivre la philosophie ouverte des physiciens quantiques considérant qu’il n’y a pas d’ordre préexistant et définitif dans notre univers personnel, alors nous avons à le créer.

Rapport d’étonnement : La révolution de la pensée scientifique du 20ème siècle n’a pas une seule ligne dans le programme de l’Éducation Nationale jusqu’au Bac et même dans beaucoup d’études supérieures. Pas un mot sur Einstein, pas un mot sur la physique quantique !!!

Au 21ème siècle nous apprenons la physique du 19ème siécle !!! Mystère, grand Mystère.

 

 

Encore des citations de Saint Ex, homme d’action, découvreur d’espaces nouveaux.

 

L’art du raisonnement qui permet à l’homme de se tromper.

Je ne saurai prévoir, mais je saurai fonder, car l’avenir on le bâtit.

Cause et effets ne sont que reflets d’un autre pouvoir : la création à dominer.