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3ème partie : Vaincre les peurs et les tabous pour avancer dans l’inconnu.
- Monstres et chimères.
- « L’inconscient » est l’ancrage profond de notre enracinement dans la vie.
- Le « monde sauvage » n’est pas un agresseur.
- Donnons-nous des autorisations.
Il n’y a pas de développement élaboré à faire sur le sujet, les croyances sont fortes et définitives. Je vous soumettrai donc de simples affirmations contraires qui sont des autorisations à dépasser peurs et tabous.
La peur est le principal gardien du périmètre autorisé. Chaque communauté crée ses chimères et ses monstres, elles habitent les territoires vierges, elles terrorisent l’homme civilisé.
La même manipulation est exercée sur les forces intérieures individuelles, nos aspirations profondes doivent se corréler avec les codes sociaux. L’objectivité du monde s’impose à la subjectivité de notre monde subjectif. Il y a une opposition fondamentale entre le monde sauvage et le monde civilisé.
La psychanalyse a reproduit cette fracture avec le conscient et l’inconscient. L’inconscient est une représentation de notre « monde sauvage » intérieur, le conscient est notre monde éduqué, civilisé. Les mêmes tabous y ont été posés par la psychanalyse : l’inconscient est la poubelle des refoulements, des horreurs, des frustrations et des pathologies de toutes sortes. Le conscient filtre et transforme les messages, refoule les pulsions, interprète les rêves. Les forces de l’inconscient sont domestiquées pour se présenter de manière correcte devant la société des hommes. Quand la société est trop étroite, répressive, le conflit est violent, l’esprit et le corps en souffrent.
La société viennoise de la fin du 18ème siècle était « corsetée » dans des valeurs bourgeoises très strictes, les pulsions sexuelles en particulier avaient peu de moyen d’expression et elles pouvaient prendre des formes détournées, perverties, hystériques. C’est l’explication de Freud, qui hélas a voulu en faire un schéma universel. Encore la tentation de la vérité unique.
Il est intéressant sur le sujet de la psychanalyse de lire « Le livre noir de la psychanalyse » où l’on découvre que Freud a triché dans les descriptions de ses cas cliniques fondateurs et qu’il n’a jamais guéri personne.
« L’inconscient » est l’ancrage profond de notre enracinement dans la vie.
L’inconscient freudien est une invention néfaste, en cela nous sommes en parfait accord avec les auteurs du Livre noir de la psychanalyse. L’inconscient comme poubelle du conscient est à notre avis un crime contre notre nature. Le conscient est le juste, le vrai, de la maîtrise, le socialement correct. La psychanalyse une répression incessante contre nos aspirations naturelles, nos instincts de vie.
L’opposition conscient-inconscient est une reproduction de la lutte religieuse du bien et du mal. Le conscient est l’Homme, l’inconscient la Bête. L’homme a reçu de Dieu le pouvoir et même l’ordre de dominer la nature, cette domination s’exerce contre sa propre nature.
Lorsque nous vivons plus près de notre nature, lorsque nous ne nous faisons pas violence, ou quand nous ne laissons pas l’environnement nous faire violence, notre « inconscient » devient un allié puissant, il nous inspire, nous guide, nous donne des intuitions profondes. Nous instincts de survie et de développement de notre vie soutiennent notre activité consciente. La frontière entre conscient et inconscient devient flexible et même disparaît. Nous pouvons prendre en compte et nous orienter grâce à ces sentiments, intuitions, boussoles intérieures, nous développons notre propre « intime conviction » de ce que nous avons à faire et à ne pas faire. Nos pensées et nos actions acquièrent la puissance de l’authenticité.
Le « monde sauvage » n’est pas un agresseur.
Je voudrais prendre l’exemple de la brousse africaine dans laquelle nous vivons. Il y a des serpents dont la morsure est mortelle : le cobra noir cracheur, et la vipère heurtante. Des hyènes massives rodent la nuit tout près du Lodge. Ces animaux n’attaqueront jamais et ne chercheront jamais à tuer pour tuer. Toujours ils vont se cacher ou s’enfuir, l’homme ne les intéresse pas, il n’est pas une nourriture, il est dangereux, ils ne nous affrontent jamais. Ils vont attaquer en dernier recours pour sauver leur peau quand nous les attaquons et qu’ils n’ont pas de possibilité de fuite. Nous vivons en paix avec ces animaux, même si nous tuons les serpents quand ils entrent dans le Lodge pour manger les souris ou les grenouilles, leur présence est un risque et nous défendons notre territoire. Les agresseurs c’est nous.
Les grandes villes sont pour moi bien plus dangereuses que la brousse, la route aussi représente un danger bien plus grand. Seule la peur de l’homme civilisé dresse le spectre de dangers terribles et d’animaux effrayants.
Ce couplet sur le monde sauvage permet de faire l’analogie avec notre monde intérieur : nos instincts, nos réflexes de survie sont bien ancrés en nous et profondément. Si nous ne les agressons pas, ils ne sont pas plus dangereux que les cobras noirs. Mais si nous les attaquons, si nous voulons les détruire, attention !!!
Le monde sauvage c’est aussi tous les animaux merveilleux, les oiseaux de la brousse et les migrateurs aquatiques, ainsi que les grands arbres, les étendues immenses, un monde vaste et varié, capable de nous émerveiller, de nous nourrir physiquement et spirituellement. Comme notre monde intérieur…
Donnons-nous des autorisations.
Ce qui n’est pas expressément autorisé n’est pas interdit, mais nous avons été éduquer pour ne faire que ce que l’on nous autorise de faire. Cette idée simple peut paraître surprenante.
Un Africain me disait un jour qu’une de nos expressions couramment utilisées le faisait beaucoup rire : « y’a pas l’droit ». En effet je me suis aperçu que lorsqu’une initiative n’est pas habituelle nous avions le réflexe de rétorquer ce coutumier « y’a pas l’droit », voulant dire « ça ne se fait pas », « y’a pas d’autorisation », un réflexe de conditionnement en somme, une soumission à la normalité.
Notre « intime conviction » nous invite à déborder le « champ domestique » pour investir de nouveaux territoires nécessaires pour avancer sur notre chemin de vie.Cependant pour dépasser le paradoxe société civilisée - vie naturelle, ou monde sauvage - culture domestique, pour créer notre destinée, nous avons besoin de nouvelles forces, nous avons à exploiter de nouveaux talents.
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