ActualitésAuteurs & livreQuizzLîle des PenséesCV - Chemins de VieLiens

2ème Partie : Nouvelles perspectives.

- Le champ de l’ignorance est beaucoup plus vaste que celui de la connaissance, et il n’est pas vide.

- L’art de la transgression noble.

- La recherche se fait dans le connu, la découverte se trouve toujours dans l’inconnu.

 

Le champ de l’ignorance est beaucoup plus vaste que celui de la connaissance, et il n’est pas vide.

Dans l’exposé précédent, nous avons vu la construction de la pensée religieuse, scientifique et la valeur du chiffre. La connaissance est de dimension humaine, réduite à nos possibilités de compréhension, limitée encore par la difficulté d’une connaissance partagée par tous !!!

La connaissance est délimitée à un périmètre étroit du langage humain. Il est un tronc commun du savoir, mais la vie est beaucoup plus complexe et ouverte que ce champ de savoir et elle fonctionne différemment. Les lois de l’action ne sont pas les lois du discours.

Sur les cartes anciennes, la terre était plate et au-delà des bords, on tombait dans le vide. Nous savons aujourd’hui que ce bord du vide n’existe pas.

Nous pouvons déborder le champ réduit de notre connaissance. Bien des savoirs et des savoir-faire sont ignorés par la majorité des gens, sont-ils pour autant inexistants ? Nous avons tous compris des choses que les autres n’ont pas pu assimilé, voilà notre rareté et notre valeur. Nous avons dans un domaine ou dans un autre développé une capacité à puiser dans le vaste champ de l’ignorance générale pour en tirer des talents particuliers. La voie de notre réussite passera par là : on réussit toujours par ce que l’on est.

« Le monde » dans lequel nous vivons n’est qu’une représentation possible du réel. Nous pouvons le déborder, sortir des limites. Nous allons apprendre l’art de la transgression noble.

 

L’art de la transgression noble.

La transgression simple est facile, elle s’appelle par la société : la fraude, la triche, le mensonge, la délinquance… et elle est sanctionnée. Nous allons devenir des marginaux, des renégats, des exclus, c’est sans intérêt, ce sont des formes de la lâcheté.

La transgression noble est une transgression par le haut : dépasser la pensée commune, les attitudes égoïstes, les modes grégaires, les aliénations du faible et les récriminations du looser. La transgression noble exige du courage, elle consiste à faire des choix, à se démarquer, à prendre sa propre voie contre bien souvent les critiques et incompréhensions de l’entourage.

Dans notre roman, nous avons exploité cette transgression noble en décrivant un Dieu qui ne comprend rien à sa création ni les hommes, un Dieu perdu, presque naïf, un Dieu qui ferait presque pitié. En fait c’est pour mettre en valeur son intelligence supérieure et sa recherche humble de la réalité des hommes. Il y a ensuite un reversement progressif de la tendance et son intelligence va pouvoir s’exprimer.

Notre diable est très sympathique, amusant, libertaire, rien ne résiste à son regard critique, il n’est pas l’incarnation du mal, nous transgressons toutes les représentations traditionnelles du malin. Nous utilisons ce Lucifer très sympathique pour découvrir la part de l’ombre et la petitesse qui est dans l’homme. La vision lumineuse de Dieu et la face sombre du diable donne une présentation plus complète de la condition humaine.

Si nous étions resté dans les représentations d’un Dieu omniscient, tout puissant, pure incarnation du bien et d’un Satan maléfique nous aurions sombré dans la médiocrité commune avec le bien et le mal irrémédiablement incompatibles dans un discours bloqué.

Je vous livre les notes sur le scénario prises fin mai début juin 04.

Ces réflexions préparaient la démarche de nos deux compères célestes dans leur balade en humanité. Ces idées portaient justement sur les perspectives nouvelles que Dieu et diable devaient mettre en valeur. Ces idées ont été intégrées dans le roman et elles ont subi une mutation romanesque mais elles sont la trame du récit. Voilà donc un extrait d’une sorte de « making off ». La visite du paradis était écrite et Dieu allait rencontrer le diable.

Notes fin mai début juin 2004.

À part le désarroi des anges Dieu n’a rien compris de ce que faisaient les humains et de l’orientation de leur pensée. Ils sont l’objet d’une guerre perpétuelle de conquête entre les anges et Satan.

Dieu consulte Satan pour connaître sa responsabilité dans cet affrontement stérile. Le diable dénie toute manipulation de sa part, il développe le cheminement de la pensée des hommes : existentialisme et scientisme. La vie est trop complexe et trop vaste pour l’entendement humain, en voulant connaître il doit diminuer. Il ne peut en être autrement sinon il y a danger de dilution dans un grand tout informel aléatoire et aventureux.

Dieu est fondamentalement confiant. Tout reste à construire :

- Sortir d’une approche de maîtrise.

-  Développer une approche d’exploration et de mouvement dans l’incertitude.

Les fondements de cette construction.

À l’opposé de la démarche exclusive de la raison, il propose une démarche inclusive.

C’est déjà un acquis, car dans la dynamique de la pensée une nouvelle découverte ne détruit pas la précédente qui a toujours son domaine d’application. Exemple : le mouvement du soleil autour de la terre est toujours utilisé par le commun des mortels pour l’observation usuelle de l’évolution du temps journalier, malgré Copernic et Einstein.

 

Substitution de l’évaluation analogique à la démarche logique. Un jeu de tendances, de plus et de moins, de forces qui interagissent.

 

Un mouvement perpétuel qui modifie l’état des choses et qui alterne les évènements.

 

Une liberté d’auto orientation dans un univers de tous les possibles. Une diversité des valeurs qui produit une diversité des richesses.

 

Émergence de capacités nouvelles dans l’humain. Développer la gamme des perceptions et des valeurs. Elles sont présentes mais atrophiées.

 

Une action de régulation plutôt qu’une action de planification dans l’action.

Évolution du concept de réalité. La réalité n’est plus seulement ce que l’on peut mesurer, mais inclus ce que l’on perçoit avec nos perceptions nouvelles. Il n’est plus nécessaire d’être en conformité avec le principe unificateur commun et général. La cohérence est obtenue avec le système de valeur choisi et aussi par la perception, le regard que nous portons sur les choses et les autres.

Le monde « objectif » est déterminé par les relations qui nous relient à lui. Les relations que nous établissons sont les éléments du réel. On peut inverser la proposition scientifique :

Pour la science, le réel est ce qui est perçu par tous, selon des critères partagés communs, selon une mesure commune. Il est dans ce cas nécessaire de limiter le champ d’un phénomène pour trouver le plus petit « dénominateur » commun.

L’inverse consiste à considérer chaque élément avec le plus de critères possibles pour lui accorder une multitude de facettes de grandeurs.

Le langage n’est pas le réel. Il a l’immense valeur de permettre la communication entre les hommes et de les faire collaborer entre eux. Mais comme la mesure crée la grandeur, le même élément matériel peut être évalué avec différentes mesures et ainsi sa grandeur, sa valeur changent. L’élément matériel n’a aucune valeur en soi, il acquiert grandeur selon la mesure que nous lui accordons. En élargissant les mesures, nous pouvons alors acquérir un choix possible de la grandeur des éléments de notre environnement.

Le Dieu Unique impose une mesure morale, la science impose une mesure physique dans chaque domaine et un système de relation : la logique. Einstein impose un seul nouveau référent : la lumière. À chacune de ces mesures correspond une grandeur, un univers.

Conclusion.

Ne nous trompons pas de méthode pour créer, appliquons plutôt ce principe :

La recherche se fait dans le connu. La découverte se trouve toujours dans l’inconnu.