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1ère partie : Fondement, dogmes et structures de la manière de penser de nos sociétés occidentales.

L’économie.

- Mutation de l’argent : la technique de facilité des échanges devient une valeur absolue.

Le délire du chiffre. Exacerbation de la performance du chiffre.

- La finance génératrice de misère dans l’abondance.

 

Mutation de l’argent : la technique de facilité des échanges devient une valeur absolue.

Reprenons les bases de l’économie : les hommes échanges des biens et des services selon des règles que la négociation définie entre les parties contractantes.

L’argent est l’une de ces conventions, il est une technique admise de tous pour faciliter les échanges.

L’argent est issu des conventions universelles du chiffre. Le chiffre permet de définir les valeurs dans différentes catégories de produits et de services. En cela il atteint une large universalité. On peut chiffrer un petit diamant avec la même valeur chiffre qu’une maison.

Nous ne sommes pas astreint à accepter le chiffre comme valeur universelle. Nous pouvons changer l’ordre des valeurs et refuser de chiffrer, de monétiser la plus grande partie des nécessités de notre vie. D’abord, et à l’évidence, toutes les valeurs immatérielles comme l’intelligence, la conscience, l’amour, la beauté, la joie…mais aussi des produits et biens de notre vie quotidienne comme notre maison, notre entreprise, notre nourriture, nos loisirs…

L’argent retrouve sa valeur pratique de moyen d’échange. Son utilité est alors ramenée au niveau d’intérêt de l’eau, du gaz, de l’électricité : un confort pour vivre mais pas une valeur en soi et surtout pas une valeur universelle qui permettrait d’acquérir tout ce dont j’ai besoin.

Ce qui a le plus de valeur ne peut pas s’acheter. À méditer.

 

Le délire du chiffre. Exacerbation de la performance du chiffre.

Cette tendance anglo-saxonne, particulièrement américaine de tout désigner par sa valeur en dollar :

- Une personne par ses revenus, par ses possessions, son logement, son portefeuille boursier…

- Une œuvre d’art par sa valeur aux enchères, un film par son budget…

- Un pays par son PNB…

Et maintenant par la mondialisation, cette valeur argent veut s’imposer comme référent unique dans tous les pays et à toutes les cultures. Un nouveau Dieu Unique en quelque sorte. Il n’est pas étonnant que l’autre Dieu Unique musulman parte en guerre contre ce concurrent !

Le fanatisme économique est comparable aux fanatismes religieux. La banque mondiale et autres organismes de régulation imposent les politiques, dictent le bien et le mal, abolissent les différentes approches nationales de l’économie, ridiculisent les « exceptions culturelles ».

La devise est déjà inscrite sur le billet vert : « In God (dollar) we trust. »

Posons notre devise « In God dollar we don’t trust. »

Le chiffre ne connaît pas de limites et la performance qu’il entraîne écrase tout autre critère. Les actionnaires peuvent toujours repousser l’objectif plus loin, plus haut, plus grand. Du « biggest in the world » en permanence.

Il y a une étude très importante à faire qui pourrait avoir un impact important :

Comment l’obsession de la performance du chiffre est génératrice de pauvreté dans l’abondance ?

La finance génératrice de misère dans l’abondance.

Une petite illustration. Le prix du pétrole s’est envolé depuis un an, il a dépassé le niveau prévu pour dans dix ans. Les profits des sociétés pétrolières et des producteurs touchent des niveaux jamais atteint. Leur valeur boursière s’envole.

Le prix du taxi de Dakar n’a pas changé, et le soir quand il rentre le soir, il a un euro en moins. C’est-à-dire le repas pour plusieurs personnes. Ce n’est pas pour faire du misérabilisme, mais pour montrer que la finance a créé un lien direct entre le chiffre qui s’affiche à Wall Street et la poche du taxi de Dakar.

Cette histoire permet aussi de repenser la notion de richesse. Le chiffre est-il de la richesse, ou bien la possibilité de se nourrir de chaque homme est-il de la richesse ?

Cette histoire montre aussi qu’il y a une opposition entre ces deux richesses. La grandeur du chiffre se nourrit de biens de première nécessité pour nombre d’hommes. Plus le chiffre grandit, plus des biens de première nécessité auront été détruits ou transformés.

Nous pouvons tenter un regard différent. L’abstraction de la richesse du chiffre s’oppose à la richesse des biens matériels de notre nécessité de vie. La fortune-chiffre d’une personne ou famille, inscrite dans les mémoires des ordinateurs des banques est souvent disproportionnée avec ses besoins vitaux, souvent il y aurait de quoi satisfaire leurs besoins vitaux pendant cinquante ans. De telles réserves sont contre-nature, elles produisent des comportements aberrants, en étant déjà riche on peut passer sa vie à ajouter un zéro à son chiffre et tout sacrifier à cette obsession. Ce peut être aussi une passion du jeu.

 

Conclusion.

Il ne s’agit pas de lancer une polémique stérile pour condamner les riches qui exploitent les pauvres. Un joueur de foot amasse une grande fortune sans exploiter personne. Un entrepreneur prend des risques, il construit ses œuvres et la chance peut lui sourire aussi. Un héritage tombe du ciel… L’inégalité est dans l’ordre naturel. Le principe d’égalité est un principe juridique, sa généralisation est contre-nature. Et surtout l’argent n’est qu’un système de mesure particulier, ne lui donnons pas une valeur absolue. Une personne peut être riche, et alors !